|
Expression extraite d'une lettre de l’abbé Catufle à l’abbé Saunière du 16 octobre 1906. L’abbé Catufle, confrère et ami du curé de Rennes-le-Château, y compare le lieu de vie du prêtre à un véritable « château »... Cela dit assez bien la façon dont l'oeuvre du prêtre a pu être perçue par certains de ses proches... |
| > L'abbé Saunière à Rennes-le-Château... |
|
L'« Affaire
de Rennes-le-Château » débute, dans ses développements modernes, en
1885. Durant l’été, un jeune prêtre de 33 ans, l’abbé Bérenger Saunière,
découvre ce petit village de l’Aude, perché sur une colline rocheuse, à
une quarantaine de kilomètres au Sud de Carcassonne. Bérenger Saunière
vient d’être nommé prêtre en ces lieux qui, avec une église à l’état
de quasi ruine, doivent lui paraître peu attrayants. Très rapidement, grâce
à quelques donations généreuses, il entreprend toutefois de restaurer l’église
paroissiale. Entamés en 1891, ces travaux s’étendent jusqu’en 1897.
Trois ans après, commence une nouvelle tranche de travaux qui, cette fois-ci,
n’ont, en apparence, plus grand-chose de religieux. A compter de 1901, après
avoir acheté nombre de terrains situés à proximité de l’église, l’abbé
fait bâtir une luxueuse villa style Renaissance, puis une tour néo-gothique
qui va lui servir de bibliothèque, un belvédère, et entoure le tout d’un
parc et de jardins tout aussi somptueux. En 1906, l’ensemble est achevé et
ne va cesser de ravir les visiteurs du prêtre, qui, pour certains, comparent
le domaine édifié à un véritable « petit château ».
D’autres vantent la richesse de sa bibliothèque. Factures et menus conservés
gardent également le souvenir de celle de sa table. |

![]()



![]()

![]()



![]()



![]()




| L'affaire Bérenger Saunière... |
| Publicité pour la Maison Sabatier parue dans la pre |
|
Enveloppe envoyée à l’abbé Saunière
par l’un de ses proches amis : Jacques Sabatier (détail). La mention
« prêtre libre » indique l’émancipation de l’abbé
Saunière vis-à-vis de sa hiérarchie qui l’avait suspendu de ses
fonctions. |
| Mgr
de Beauséjour. (1839-1930). L’abbé Saunière développa vite un
ressenti fortement négatif à l’égard de l’évêque qui, de 1909
à 1917 mit tout en œuvre pour le déloger de Rennes-le-Château. Alors
qu’il réalise une retraite religieuse à Prouille, l’abbé Saunière
écrit à Marie Dénarnaud une lettre où il laisse transparaitre toute
son amertume à l’égard de son supérieur, qui, dit-il, « n’a
de beau que son nom » |
|
* Trafic de messes : pour un prêtre, pratique consistant à se faire rémunérer plus de messes qu’il ne lui est possible d’en dire et donc d’encaisser des honoraires pour des messes non prononcées... |
|
Le train de vie de l’abbé Saunière ne pouvait sans doute laisser sa hiérarchie insensible. Un changement d’évêque à la tête du diocèse de Carcassonne allait décider du malheur du prêtre. Alors que Mgr Billard, son précédent évêque de tutelle, avait fait preuve d’une certaine tolérance à l’égard du prêtre, son successeur, Mgr de Beauséjour, nommé évêque de Carcassonne en mai 1902, va, après plusieurs avertissements, lancer une véritable offensive contre l’abbé Saunière. En 1909, l’abbé Saunière est en effet sommé de changer de cure et donc de quitter le faste de ses réalisations. Fortement heurté par cette nouvelle à laquelle il ne s’attendait pas, le prêtre décide de ne pas se soumettre à cette décision. L’Evêché lui demande alors de justifier ses dépenses. Le prêtre affirme avoir reçu d’importantes donations. L’Evêché l’accuse, de son côté, d’avoir élaboré un fructifiant « trafic de messes » (*) à travers toute la France. S’engage un procès qui le portera jusqu’en cour de Rome, tandis que Bérenger Saunière s’auto-proclame « prêtre libre » - et se coupe de toute autorité hiérarchique. En 1917, lorsqu’il s’éteint, aucun des deux partis n’a pu triompher de l’autre. Le jour même de sa mort, son avocat lui écrivait de Rome qu’il était sûr de l’imminence de leur victoire. |
| >
Jacques Sabatier : Proche ami de Bérenger, Jacques Sabatier est
vendeur de spiritueux et frère de Michel Sabatier (1851 - 1918). Ce
dernier avait en 1885 fondé à Carcassonne une distillerie vite promue
au succès grâce à l’invention d’une liqueur La
Micheline
, d’un apéritif, L’Or-Kina,
et d’un vin régénérateur, le Néol.
Les deux frères s’imposèrent ainsi parmi les grandes figures de l’économie
régionale et animèrent, par leur mécénat, et leur réseau d’amis,
la vie artistique carcassonnaise. |
| >
Adrien Baron : Adjoint des affaires indigènes à Bamako (colonie du
Haut Sénégal et Niger), Adrien Baron est un correspondant régulier de
l’abbé Saunière. Il contribue notamment à accroître la collection
de cartes postales du prêtre en lui envoyant plusieurs colis depuis
l’étranger, colis dans lesquels il rassemble les cartes glanées au
cours de ses pérégrinations. La famille Baron est propriétaire du château
de Coursan, ville où réside également Mme Cavailhé, la première
grande donatrice de l’abbé Saunière... |
|
> Maria Thomazaeu : Maria Thomazeau est une des correspondantes les plus assidues de l’abbé Saunière, sinon la plus assidue. Entre le 5 mai 1907 et le 9 janvier 1917, tous deux échangent ni plus ni moins que 275 missives, ce qui fait de cette correspondance une des plus importantes sur cette période. Poétesse, Maria est l’auteur de plusieurs ouvrages et ne manque pas de faire à l’occasion partager ses créations poétiques au prêtre. Ses lettres expriment également son vif désir de le rencontrer (Maria vivait à Bouin). |
| > Quelques correspondants de l'abbé Saunière... |
|
Julie Fons (1868-?) |
|
L'abbé Saunière et ses amis... |
|
Alfred Saunière (1855-1905) |
| >
Alfred Saunière : Alfred Saunière est longtemps resté dans
l’ombre de son frère Bérenger. Au point que les quelques rares
photographies qu’il nous reste de lui ont, jusque dans les années
1990, systématiquement été présentées comme étant celles de… Bérenger.
Cette confusion, d’une certaine manière, a rendu justice à Alfred
qui est un élément central de l’œuvre de son frère à Rennes-le-Château.
On sait en effet, grâce aux papiers de Bérenger, qu’Alfred lui
apporta d’importantes sommes d’argent. Cet apport financier très
important est la conséquence de l’engagement politique très prononcé
et des alliances qu’Alfred avait, dans ce but, lié avec certaines
grandes familles royalistes de la région.
On ne possède quasiment plus aucune archive à son sujet, ce qui
fait de lui un acteur particulièrement énigmatique de l’Affaire de
Rennes-le-Château. On sait en effet, par quelques mots de Bérenger,
qu’il fut au cœur d’événements assez graves qui inspirèrent
l’opprobre de l’Evêché. Mais l’on ne sait rien de ceux-ci. Sur
la fin de sa vie, déclaré « prêtre libre » il eut une
relation avec une jeune femme prénommée Emilie Salière qui lui donna
un enfant. Il mourut alors qu’elle était enceinte et ne le connut
donc pas de son vivant... |
|
> Marie Dénarnaud : A son arrivée à Rennes-le-Château, l’abbé Saunière avait été hébergé par la mère de Marie Dénarnaud. Après avoir exercé le métier de chapelière à Espéraza, Marie devient, à partir de 1891, la servante de l’abbé Saunière. À partir de 1893, l’abbé Saunière héberge les Dénarnaud dans le presbytère rénové. Lorsque l’abbé achète les terrains destinés à recevoir ses constructions civiles, l’achat est réalisé au nom de Marie, qui est donc légalement instituée par le prêtre propriétaire des constructions à venir. De la même manière, c’est à son nom que seront adressées certaines des factures relatives à l’édification du domaine. Cela suffit à dire la proximité des deux âmes.... L’abbé fit de Marie son héritière universelle… Ils seront tous deux enterrés l’un à côté de l’autre dans le petit cimetière paroissial... |
|
Marie
Dénarnaud (1868-1953) |
| Fort
du petit paradis qu’il avait créé sur l’aride colline de
Rennes-le-Château, l’abbé Saunière multiplia les invitations à
venir le visiter. En dehors de son premier cercle de proches gravite
autour de lui toute une série de figures à laquelle s’ajoutent ses
nombreux correspondants. |
|
Carte postale de la villa Béthanie éditée par l’abbé Saunière. Afin d’accroitre ses revenus, l’abbé avait commercialisé une série de 33 vues de Rennes-le-Château... |
| > Le petit monde de l'abbé Saunière... |

| Photos tirées du fonds Corbu-Captier, sauf Fleurs de rêve (coll. Christian Doumergue) et publicité Michel Sabatier... |
| Texte de Christian DOUMERGUE |
| > Le scandale arrive... |
|
La correspondance constitue un des pôles importants de la vie de l’abbé Saunière... Ses carnets de correspondance ont conservé la trace de millier de courriers échangés. Beaucoup ont malheureusement disparu. Mais un certain nombre de lettres nous est resté, qui restitue un peu du quotidien de l'abbé, et, au travers des liens tissés, nous dit beaucoup de qui il a été... |
|
> Julie Fons : Julie Fons fait partie de ces figures oubliées de l’Affaire de Rennes, qui occupèrent pourtant une place importante dans la vie de l’abbé Saunière. Si l’on ne parle plus aujourd’hui que de Marie Dénarnaud, sa sœur de lait Julie semble avoir occupé, dans la vie du prêtre, sinon une place aussi importante, au moins comparable à certains égards. Orpheline, Julie Fons avait été adoptée par les Dénarnaud. Par la suite, elle est systématiquement associée à Marie dans les lettres des correspondants de l’abbé Saunière. Les deux femmes sont ainsi conjointement associées à l’entourage le plus immédiat et présent du prêtre. De même, en déplacements, l’abbé ne manquait jamais d’écrire à Julie pour lui donner de ses nouvelles. En 1912, Julie et son mari quittèrent Rennes-le-Château mais le lien avec l’abbé ne fut jamais rompu... |
L’abbé
Bérenger Saunière
(1852-1917)