> Jean Brunelin en train de photographier le grand bas relief dans des conditions optimales : échelle pour être au plus prés des fresques, projecteur pour un éclairage parfait... 

 

> Propos receuillis le 16 octobre 2008

 

 

Lors de la soirée Rennes-le-Château : une soirée pour comprendre, qui s’est déroulée le 8 août dernier, Jean Brunelin a attiré l’attention de ses auditeurs sur quelques particularités étonnantes du grand bas-relief de l’église de Rennes-le-Château. Le 3 octobre dernier, avec l’autorisation de la municipalité, il a pu réaliser une séance photo privilégiée dans l’église, afin d’approcher au plus près du bas-relief. Coup de projecteur sur les premiers résultats de ces nouvelles investigations !

TdR : Jean Brunelin, dans la petite communauté de chercheurs qui s’intéressent à l’affaire de Rennes, vous faites partie des premiers arrivés sur le terrain dans les années 60. Nombreux sont donc ceux qui vous connaissent mais pourriez-vous vous présenter en quelques mots à nos lecteurs ?

Jean Brunelin : C’est le livre de Robert Charroux qui me conduit en 1967 à Rennes-le-Château. Il faut savoir qu’avant de m’intéresser à RLC j’étais chercheur de trésor. J’ai d’ailleurs fait partie du fameux Club International des Chercheurs de Trésors de Robert Charroux. Hélas Charroux venait de décéder et je ne l’ai pas connu. C’est Michel Bagnaud qui a pris la suite encouragé par Yvette Charroux. J’ai encore la fameuse pièce de huit qui nous servait de signe de reconnaissance et quelques fiches écrites de la main de Robert Charroux. Voilà donc 40 ans que je m’intéresse à l’affaire de Rennes et comme beaucoup, je n’ai pas encore la solution…

TdR : Vous avez depuis quelques temps développé une nouvelle lecture des fresques de l’église de Rennes-le-Château. Selon vous, ces fresques cacheraient une série de motifs discrètement disséminés dans l’ensemble et visibles seulement à un œil attentif. Dans quelles circonstances avez-vous effectué cette découverte ?

J. B. : Pour alimenter mes archives j’ai effectué en 2006 des photos de bonne qualité de la Madeleine sous l’autel. Quelle ne fut pas ma surprise en grossissant l’image sur l’écran de découvrir des motifs intéressants, à savoir une station du chemin de croix et un livre. Ceux-là étaient visibles au premier abord, mais d’autres restaient plus ou moins cachés sous la peinture. Je pensais aussitôt que le même phénomène pouvait se présenter de la même façon sur les deux panneaux latéraux du bas relief appelée « montagne fleurie. » Je me suis donc intéressé à ces peinture en essayant dans la mesure du possible de faire de bonnes photos malgré l’interdiction de travailler au flash. J’ai donc travaillé au début sur pied en pose longue avec un téléobjectif…

TdR : A propos justement de ce travail au téléobjectif, d’aucun ont contesté votre lecture de ces images, en arguant par exemple que les images décelées étaient le fruit d’effets de lumière. Afin de couper court à leur argumentaire, vous avez obtenu de la municipalité de Rennes-le-Château l’autorisation de prendre des photos en vous approchant au plus près du grand bas relief. Comment s’est déroulée cette nouvelle campagne de photo ?

J. B. : Il est évident que certains ont contesté ce que j’ai présenté mais mon invitation à aller voir sur place a coupé court à leurs arguments car tout ce que je montrais était visible à l’œil nu. Encouragé par les premières découvertes il fallait arriver à faire de meilleures prises de vues. Mon ami Jean Pierre Garcia, qui s’est associé à cette aventure, a demandé officiellement à la mairie de RLC l’autorisation de faire des photos dans de bonnes conditions avec projecteurs et échelle pour accéder aux parties hautes. Le conseil municipal a eut l’amabilité de nous donner l’autorisation et le 3 octobre dernier, en présence du maire, nous avons fait les photos de prés et en détail.

 

 

 

 

 

 

 

 

TdR : Quels sont les premiers résultats de cette investigation ?

J. B. : En réalité cette séance de prise de vues ne nous a rien apporté en ce qui concerne la découverte des motifs car nous les avions déjà isolés sur mes premières photos. Par contre, nous avons beaucoup appris sur la technique de peinture car sur ces images nous avons le détail des coups de pinceau et une lecture plus lisible des différentes couches.

TdR : Et au niveau des motifs décelés eux-mêmes… Qu’y a-t-il à dire ?

J. B. : Pas mal de choses bien sur ! Certains sont lisibles facilement lorsque l’on connaît l’affaire comme par exemple ce que j’appelle « le plan de la grotte ». Il se trouve que dans le document de Philippe de Cherisey intitulé Circuit, le héros de l’aventure (nommé Charlot) décrit en détail son cheminement dans la grotte où il trouve un tombeau et le trésor. Il descend d’abord un couloir et arrive à un embranchement de deux galeries. Il se demande alors s’il prend celle de droite ou celle de gauche. Il choisit celle de gauche et découvre le tombeau. Le plan sur la fresque décrit exactement la même configuration à savoir un boyau aboutissant à un embranchement. Et si nous choisissons le gauche comme l’a fait Charlot, nous trouvons une sorte de cercueil gravé à la pointe sèche qui ne se lit qu’en lumière frisante ! Mais ce qui m’a fait le plus plaisir c’est que nous trouvons également en haut de la fresque « le » dolmen figuré sur les deux tableaux de l’église de Rennes-les-Bains.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

TdR : L’abbé Saunière serait d’après vous un des auteurs de ce cryptage. Vous affirmez avoir retrouvé sa signature sur la fresque du grand bas-relief…

J. B. : Je suis en effet assez fier d’avoir isolé la signature de Saunière en bas et au premier plan. Une sorte de caisse en bois m’intriguait. Certain bien sûr ont commencé à parler de l’Arche d’Alliance mais cela ne me convenait pas. J’ai donc fait des recherches sur des sites Internet traitant du mobilier paysan. Et un jour, je tombe sur un coffre de bois comportant une trappe centrale sensée être l’ustensile où était généralement conservé le sel dans les campagnes. Le même que sur la fresque entourant le grand bas-relief ! J’ai appris que ce coffre portait le nom de « saunière » (féminin de « saunier » : celui qui ramasse le sel) C’était donc évidemment la signature de l’abbé ! Pour signer son œuvre il n’a pas marqué son nom, il a mis un objet portant le même nom que lui ! Le pilier corinthien est certainement une autre signature. J’ai quelques idées à ce sujet mais je n’en ai pas encore finalisé les preuves…

TdR : Quel est le sens de tout cela ? Avez-vous fait une « lecture globale » de l’ensemble ?

J. B. : On retiendra que ces deux panneaux racontent certainement une histoire mais si j’en ai isolé les motifs je n’arrive pas encore à coller tout cela bout à bout pour arriver à une lecture cohérente. Après avoir répertorié tous les éléments visibles facilement nous étudions maintenant, grâce aux photos en haute résolution, tout ce qui peut être caché ou occulté par une autre couche de peinture. Des choses apparaissent et nous encouragent. On a l’impression qu’il y a plusieurs niveaux de lecture :

-Une lecture facile où les choses sont visibles au premier abord…

-Une autre moins lisible cachée sous une sorte de « jus » légèrement transparent…

-Et enfin des motifs gravés à la pointe sèche que nous ne lisons qu’en lumière frisante…

En tous les cas cette fresque semble être une pièce maîtresse car à l’évidence un message est là devant nos yeux, il suffit maintenant de le lire…

TdR : Le mot de la fin ?

J. B. : Je tiens à signaler que pour remercier l’équipe municipale de nous avoir apporté son aide nous mettrons à leur disposition les résultats de notre étude dans le but de permettre la réalisation d’un panneau qui sera exposé au musée à l’attention des visiteurs afin de leur permettre de découvrir les secrets de cette peinture…

TdR : Un grand merci à vous d’avoir répondu à nos questions…

> Peut-être l'élément le plus singulier de la fresque : derrière un énigmatique chapiteau, une étrange "boite", dont le sens n'avait jusque là pu être déterminé...
> Une des pistes de lectures naturellement exploitées par Jean Brunelin : certains détails de la fresque renverraient à des lieux bien précis... Ici un rocher figurant sur la fresque (droite) et son possible modèle... 
< Plan décelé par Jean Brunelin dans les détails de la fresque entourant le grand bas relief...
> Les conditions de travail optimales ont permis à Jean Brunelin d'optenir des clichés d'une qualité exceptionelle : mouvement du pinceau de l'artiste et craquelures de la peinture sont parfaitement visibles. (Ici, détail du chapiteau...)
> Un des détails singuliers visibles sur le bas-relief lorsqu'on le regarde de près : une sorte de pointe de flèche en pierre...
> Terre de Rhedae interviewe Jean Brunelin !
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